Par François Ferland,
MontrealAlouettes.com
Montréal - Kerry Watkins est à mi-chemin d’une cinquième saison consécutive de 1 000 verges ou plus, et pourtant… Oui, et pourtant sa carrière s’écoule relativement loin des feux de la rampe. Ce receveur de passes, qui a déjà intéressé les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, en est à sa sixième année dans la Ligue canadienne et avec les Alouettes.
Lors du premier match de la présente saison, à Calgary, il a été l’auteur du premier touché de l’équipe montréalaise. Un jeu époustouflant, attrapant le ballon d’une seule main alors qu’il pénétrait dans les buts. « Anthony (Calvillo) m’a fait une passe parfaite », rappelle Watkins en souriant. Samedi dernier, à Winnipeg, il a saisi une passe de touché, un jeu de 70 verges. C’était la deuxième fois de sa carrière qu’il réalisait un aussi long gain pour un touché. Jusqu’à maintenant cette saison, il a capté 36 passes pour des gains de 577 verges, et il a inscrit quatre touchés.
Reconnu par ses pairs
Fiabilité décrit fort bien Kerry Watkins. Et c’est une caractéristique essentielle pour tout receveur de passes étoile, ce qu’il est sans conteste. En 2005, à sa deuxième saison avec l’équipe montréalaise, il a totalisé 1 364 verges, ce qui demeure son sommet personnel. Cela lui a valu d’être sélectionné dans l’équipe d’étoiles du circuit, et son efficacité n’a pas baissé d’un cran depuis. Une preuve de cela, comme en 2005, il a été élu dans l’équipe d’as désignée par l’Association des joueurs de la LCF en 2006 (1 153 verges) et 2008 (1 178). Dans tout sport, être reconnu par ses pairs constitue un hommage indiscutable, et même plus grand que bien d’autres.
Apprécié de Trestman
Et pourtant, oui et pourtant, la carrière de Kerry Watkins s’écoule relativement dans l’ombre. « J’admets que ça me ferait chaud au cœur que mon travail soit davantage reconnu, mais je ne veux surtout pas me laisser déranger par ça, affirme-t-il. C’est peut-être parce que je ne suis pas exubérant de nature, mais je suis ce que je suis. J’ai du respect pour mon travail, mon équipe et mes adversaires, et je ne changerai pas uniquement pour me faire remarquer davantage. »
Consolation qui a du poids : l’entraîneur en chef Marc Trestman apprécie grandement son travail. « Kerry a beaucoup de caractère, il est l’un de nos leaders, et son intelligence est vive », a débité Trestman, qui avait bien d’autres belles choses à dire au sujet du receveur de passes, qui a eu 30 ans en mai. « Il ne commet jamais d’erreurs de jugement, il est une cible de choix quand vient le temps de réaliser un jeu clé, il est rapide et efficace quand un adversaire cherche à le ralentir en le bousculant. Nous sommes bien chanceux de l’avoir avec nous. »
Coup de pouce de Matthews
Watkins, qui en 2007 a amassé 1 092 verges, a connu de brillantes saisons dans les rangs universitaires (2000 à 2003) avec les Yellow Jackets de Georgia Tech, et il a obtenu un sérieux essai avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, ceux-ci le retranchant au mois d’août 2003. Depuis ce temps, une nouvelle chance de faire carrière dans la NFL ne s’est pas présentée, et il n’a pas cherché à en obtenir une non plus.
« Je suis heureux ici, affirme-t-il. Je fais partie d’une organisation qui a une belle tradition, et chaque année nous connaissons plus que notre part de succès. Ce contexte fait que je me sens en sécurité chez les Alouettes. » Watkins récolte en fait ce qu’il a semé. À sa première saison à Montréal (2004), il s’est taillé une place comme spécialiste des retours de bottés. À ce moment-là, le personnel de receveurs de passes de l’équipe était bien nanti avec Ben Cahoon, Thyron Anderson, Jeremaine Copeland et Dave Stala. « Don Matthews est celui qui m’a donné l’occasion de me faire valoir comme receveur de passes, la saison suivante, et j’ai vu à ne pas la rater. Ce que j’étais déterminé ! »
Né sous une bonne étoile
Watkins en est à l’année d’option de son contrat avec les Alouettes, qui fut renouvelé en 2006, et il souhaite poursuivre sa carrière à Montréal, dont il apprécie la diversité culturelle. « Je me suis fait un peu l’oreille à la langue française depuis que je suis ici et j’essaie d’ajouter à mes connaissances à cet égard en écoutant sur disque compact de l’enseignement de base sur le français. »
Né à LaPlace, une banlieue de La Nouvelle-Orléans où les quelque 27 000 habitants sont de souche française dans une forte proportion, Watkins y demeure toujours, entouré de sa famille. Watkins semble être né sous une bonne étoile. Outre le fait que LaPlace a été épargnée par l’ouragan Katrina, il a grandi sous l’aile protectrice de sa grand-mère maternelle, à qui il a été confiée quand il n’avait que six semaines.
« Ma mère n’avait que 15 ou 16 ans quand elle m’a mis au monde, et ma grand-mère a bien pris soin de moi, signale Kerry, qui a une sœur. Je remercie le ciel pour l’enfance que j’ai eue, car j’ai des amis qui ont mal tourné. J’ai eu la chance de pratiquer bien des sports. J’ai commencé dans le football quand j’étais en huitième année. J’ai d’abord été utilisé au poste de quart, et à ma deuxième saison on m’a transformé en receveur de passes. J’ai aussi été botteur, chose que je crois pouvoir encore faire. Lors des entraînements, je m’amuse à exécuter quelques bottés de précision. »
À LaPlace, il s’est associé avec un ami, qui est propriétaire d’un salon de barbier, dont la raison sociale lui va comme un gant : Kuttin Korner. Watkins a d’ailleurs développé des habiletés comme coiffeur et bien de ses coéquipiers s’en remettent à lui pour une coupe de cheveux. « Tout ce qui manque à mon bonheur, c’est une coupe Grey », dit-il en souriant.
... Notes
Quand Kerry Watkins a quitté Georgia Tech, il était au deuxième rang dans l’histoire des Yellow Jackets pour le cumulatif de passes captées (171), qui lui ont permis de totaliser 2 680 verges… il a étudié en gestion des affaires… le plus beau souvenir de ces années-là remonte à la saison 2000 et il raconte : « C’était lors d’un match contre Clemson, qui était classée cinquième aux États-Unis. D’une main j’ai saisi une passe de touché, au fin fond de la zone de but, après m’être relevé parce que j’avait été bousculé. »
| Matchs à venir | Calendrier complet | ||
| Jeu 13/06/13 | Hamilton | Montréal | 19h00 HE |
| Jeu 20/06/13 | Montréal | Toronto | 19h00 HE |
| Jeu 27/06/13 | Montréal | Winnipeg | 21h00 HE |
| Jeu 04/07/13 | Winnipeg | Montréal | 19h00 HE |
| Ven 12/07/13 | Calgary | Montréal | 19h30 HE |
| Sam 20/07/13 | Montréal | Calgary | 19h00 HE |
| Jeu 25/07/13 | Edmonton | Montréal | 19h30 HE |
| Jeu 08/08/13 | Toronto | Montréal | 19h30 HE |
| Sam 17/08/13 | Montréal | Saskatchewan | 16h00 HE |
| Jeu 22/08/13 | C.-B. | Montréal | 19h30 HE |
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