@
25 août 2018

S’attendre à gagner

Antonio Pipkin nous a garanti, après la pratique de mercredi, qu’on l’emporterait contre les Argos. « Je vais mettre le ballon dans les mains de mes receveurs et on va le gagner ce match-là. »

Il ne s’attendait à rien d’autre que la victoire.

Et c’est ce qu’il a dit dans sa conférence d’après-match. « On était confiant. On s’attendait à gagner. On ne faisait pas les choses pour ne pas perdre, on faisait les choses parce qu’on attendait une victoire. »

C’est vrai que les gars sont entrés sur le terrain la tête haute, particulièrement notre jeune quart-arrière de 23 ans qui n’a pas manqué d’épater la galerie. Retour sur le match qui s’est terminé par la marque de 25 à 22 et qui nous a fait passer par toute une gamme d’émotions.

L’unité reste la clé

Avant de parler des détails, il faut parler du tout. L’équipe s’est montrée unie vendredi. Et, par équipe, on pense au vestiaire, bien sûr, mais à vous aussi, dans les gradins, qui n’avez pas cessé d’encourager nos oiseaux jusqu’à la fin. Merci.

D’ailleurs, Coach Sherman, visiblement très très heureux de sa première victoire à domicile, n’a pas manqué de rappeler à ses hommes que la solidarité avait fait la différence. « Savez-vous pourquoi on a gagné ? Parce que vous ne vous êtes jamais laissé tomber. Ce qui fait que ça va continuer de fonctionner c’est la chimie qui règne dans ce vestiaire. »

Lentement mais sûrement

Autre élément non négligeable : un quart qui lance pour plus de 300 verges. Ce n’est pas avant le deuxième quart toutefois qu’on a pu voir toute la puissance du bras de Pipkin à l’œuvre. Les 15 premières minutes de jeu se sont terminées 3-3, après que Bede et Medeiros aient ouvert la marque.

Boris, qui a bien contribué au match avec quatre bottés de placement et un rouge, s’est chargé d’ajouter trois points au tableau pour clore la première séquence offensive de nos oiseaux du deuxième quart.

Mais c’est une bombe de 52 verges captée par Ernest Jackson à la ligne de 37 de Toronto qui nous réveillés alors qu’il restait 12:31 minutes à jouer à la demie. Soulignons le choix de jeu intéressant; ce n’est pas tous les jours qu’on voie EJ étirer le terrain comme ça, mais d’avoir un quart qui est capable de placer le ballon dans ces trous-là change visiblement la donne.

La séquence, à laquelle William Stanback a également participé avec une course de 7 verges, s’est terminée par, évidemment, un botté de placement de 29 verges de Boris Bede. C’était 9-3 Montréal avec 10:24 minutes à jouer à la demie.

La défense a tenu bon aussi en ne cédant pas à la menace des Argos avant la 27e minute de jeu quand Bethel-Thompson a rejoint Edwards dans la zone des buts pour porter la marque à 10-9 en faveur du Double Blue. Jusque là, les efforts de l’attaque torontoise avaient été vains. Tommie Campbell a donné le ton et enflammé son unité en freinant les élans de ses adversaires deux fois plutôt qu’une en première demie avec un échappé recouvré et une passe rabattue. Les Argos, qui semblaient penser que de viser TC était une bonne idée, ont changer de stratégie en deuxième demie.

Une passe pour toi, et pour toi, et pour toi…

OK, Toronto avait pris les devants, mais c’était loin d’être suffisant pour faire paniquer notre quart de 23 ans. Pip, pour les intimes, a répliqué avec un peu moins d’une minute à jouer à la demie en entrant lui-même dans la zone des buts après une course de deux verges. Toujours mieux de rentrer au vestiaire avec quelques points en plus. C’était 15-10 pour nos oiseaux et vous aviez enfin devant les yeux un match à la hauteur de vos attentes.

Revoyons ensemble la séquence qui menée au premier touché d’ Antonio Pipkin :

Retour de botté de 25 verges de Will Stanback.

Course de 18 verges après attrapé de Will Stanback.

Course de 4 verges de Will Stanback…

(La recrue qui a remplacé Sutty vendredi au poste de demi offensif partant n’a pas été ménagée.)

Gains de 32 verges sur une passe à Eugene Lewis, de 17 verges sur une passe à George Johnson, de 7 verges grâce aux mains d’ Ernest Jackson.

Touché d’équipe. Parce que, oui, Pip voit tous ses gars sur le terrain.

Une fin à couper le souffle

Comme c’est souvent le cas, les choses se sont corsées au troisième quart. La défense s’en est sortie admirablement en contenant James Wilder Jr autour de la ligne de 20 à la fin d’une séquence offensive de 7 minutes des Argos. Après une passe incomplète, Toronto a fait appel aux services de son botteur, Medeiros, pour porter le score à 15-13.

Et c’est là qu’on a commencé à se ronger les ongles. Toronto a provoqué LE revirement du match en retournant une interception sur 46 verges jusque dans la zone des buts. 19-15. Le match changera-t-il d’allure ? Non.

Après un rouge sur un botté de dégagement de Boris et un placement réussi par les Argos, c’est 22-16 en faveur du groupe de Marc Trestman avec un gros 15 minutes à jouer.

Nos hommes ont été bons, dans toutes les facettes du jeu, au dernier quart. Surtout, ils n’ont pas perdu espoir. B.J. Cunningham, qui a été durement frappé par son ami Bear Woods au troisième, n’avait pas dit son dernier mot. Une spirale de 22 verges dans sa direction et le tour était joué ! BJ s’est arrêté à la ligne de 1 de Toronto, puis Antonio s’est faufilé adroitement dans la zone des buts. Ça aura pris 30 secondes. Un gros 30 secondes de bonheur pour les fans !

Que dire du dernier jeu offensif de nos oiseaux dans la zone rouge avec un peu moins de 2 minutes à jouer ? Hum… Bref, Boris Bede était là pour ajouter les trois points qui ont mené à la victoire.

On a eu chaud jusqu’à la dernière seconde, par contre ! Henoc Muamba est arrivé en sauveur avec 16 secondes à jouer en plaquant sauvagement le porteur de ballon torontois James Wilder Jr, faisant perdre six verges aux Argos alors forcés de botter. Puis, c’est le poteau qui arrivé en sauveur en bloquant la tentative de placement de 54 verges de Medeiros.

Vent d’espoir

Toute. Une. Soirée. Est-ce qu’on en verra d’autres comme celle-là ? À voir l’ambiance qui règne depuis le retour du jeune prodige qu’est Pipkin, on dirait que oui. Ses coéquipiers lui font confiance. Il leur fait confiance. « Je suis fier de Pip d’avoir si bien mené le match. On est déjà prêt pour le prochain, c’est une toute nouvelle saison qui commence. » – parole d’un gars qui va se battre jusqu’à la fin, B.J. Cunningham.