19 septembre 2018

De 0 à 60. Il faut toutes les jouer.

Ce n’est ni le match qu’on attendait ni le résultat qu’on voulait. Nos Alouettes se sont inclinés par la marque de 32 à 14 vendredi soir contre les Lions de la Colombie-Britannique dans un duel hautement défensif.« On a mal joué et mal entraîné ce soir, a affirmé Coach Sherman dans le vestiaire. Est-ce qu’on devrait tout jeter par la fenêtre ? La chimie qu’on a développée dans les dernières semaines, l’énergie qu’on maintient à l’entraînement… Non, je ne veux pas qu’on s’apitoie sur notre sort, mais vous pouvez être certains qu’on va parler de ce match-là demain matin. »

L’entraîneur-chef n’a toutefois pas manqué de souligner les bons coups de ses unités défensive et spéciales. On y a cru jusqu’au quatrième quart lorsque deux interceptions retournées pour des touchés par la secondaire des Lions ont scellé l’affaire.

Eugene Lewis

Tout au ralenti

À la première séquence offensive des Lions, le quart remplaçant Jonathon Jennings a trouvé son receveur Bryan Burnham qui attendait le ballon dans la zone des buts. Quelques instants plus tôt, les oranges ont dû regarder une fois de plus leur pivot numéro un, Travis Lulay, quitter le terrain en douleur. Clavicule disloquée, semble-t-il.

Des blessures et des pénalités en première demie, il y en a eu. Assez pour casser le rythme du match.

Immédiatement après le premier touché des Lions, nos Alouettes ont tenté de riposter. Ryder Stone a aidé l’attaque en effectuant un retour de botté de 26 verges, puis Antonio Pipkin et le receveur Eugene Lewis ont allié leurs efforts pour obtenir un gain de 36 verges. Placés à la ligne de 35 de BC, nos Alouettes s’étaient donné la chance de réussir, mais la séquence est tombée à plat quand Pipkin a subi un sac et reculé de 13 verges sur un deuxième et cinq.

Le tableau affichait 7-0 pour les Lions après le premier quart et seuls les botteurs y ont ajouté des points au deuxième pour pousser la marque à 10-6 avant la mi-temps.

Chip Cox

Ce sont les exploits défensifs qui ont retenu l’attention, pendant tout le match d’ailleurs. Le groupe de Rich Stubler était gonflé à bloc, dansant au rythme de ses chansons préférées pendant les arrêts de jeu.

Tommie Campbell, qui nous a garanti plus tôt cette semaine que le receveur DeVier Posey, fraîchement débarqué en C.-B., n’aurait pas la chance qu’il a eue contre lui lors de la Coupe Grey l’an dernier, a tenu sa promesse. Avec 3 minutes 40 secondes à jouer au premier, Tommie a rabattu une longue passe lancée vers Posey près de la zone payante. La No fly zone, comme ils disent.

Tommie Campbell

Les gars de la défensive ont su limiter les dégâts causés par l’attaque de Jonathan Jennings à plusieurs reprises. C’était le plan. Tommie nous l’a expliqué, ça aussi. « On doit les forcer à botter », a-t-il affirmé après un entraînement. Puis, une interception de Branden Dozier à 2 minutes de la pause a insufflé une bonne dose d’espoir.

C’est sur ce genre de revirement que l’attaque doit savoir construire. Malheureusement, ce n’est pas ce qui est arrivé. « Il faut mieux jouer en équipe, a rappelé Coach Sherman à son vestiaire. La défense a réussi une interception, mais l’attaque n’a pas marqué. À vrai dire, l’attaque n’a pas produit grand-chose ce soir. »

Boris Bede

Possibles effets secondaires : étourdissements

Si la première partie du match a paru incroyablement longue, la deuxième, elle, est passée en coup de vent. On se serait cru dans une montagne russe. Les 30 dernières minutes ont été pour le moins étourdissantes.

S’il y en a un qui a réussi à maintenir une constance parfaite dans tout ça c’est Boris Bede. En plus de ses deux bottés de placement, dont un de 46 verges, Boris n’a pas manqué de repousser l’attaque des Lions le plus loin possible sur ses bottés de dégagement. Au troisième quart, il a forcé le retourneur éclair Chris Rainey à sortir du terrain dans sa zone des buts. Un petit point qui a porté le score à 10-7 et qui aurait pu compter pour beaucoup.

On ne peut pas en dire autant pour le botteur des Lions, Ty Long. Avec 3 minutes à jouer au troisième, Chip Cox nous a montré qu’il n’a rien perdu de ses réflexes en bloquant la tentative de placement de Long à la ligne de 8. Le demi défensif Tevaughn Campbell a aussitôt récupéré le ballon et pris son envol vers la zone des buts adverses. Oui, on aura vraiment dit qu’il volait. Campbell, qui détient le record des camps d’évaluation canadiens au sprint de 40 verges, est sans aucun doute l’un des joueurs les plus rapides de la ligue.

Tevaughn Campbell

Nos oiseaux avaient repris le dessus. C’était 14-13 en leur faveur après 45 minutes de jeu.

Mais il y en a 60, des minutes, dans un match de football.

Tandis que la défense a poursuivi son travail au quatrième quart, l’attaque n’est pas passée à la vitesse supérieure. Était-ce le plan de match ou les jeux qui étaient inadéquats ? Tout ce qu’on sait, pour l’instant, c’est qu’Antonio Pipkin ne trouvait pas ses receveurs comme il a l’habitude de le faire. Deux interceptions plus tard, la partie était bouclée.

Le duel de la semaine prochaine contre les Blue Bombers devient alors plus crucial que jamais si nos Alouettes veulent continuer d’espérer obtenir une place en séries éliminatoires.

« Il faut absolument se mettre en position de faire les séries, a rappelé Mike Sherman à ses hommes. On n’a pas le choix. Vous comprenez ça ? »

La réponse, le vendredi 21 septembre.