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19 mars 2019

Le commissaire Randy Ambrosie répond à vos questions

 

Pour une deuxième année consécutive, le commissaire de la LCF Randy Ambrosie effectue une tournée pancanadienne pour parler aux fans de chacune des équipes de la ligue.

Hier, c’est à vous qu’il a offert un aperçu de ce qui arrivera dans les prochains mois dans le monde du football canadien en compagnie de l’ancien Alouette Pierre Vercheval et du président de l’organisation Patrick Boivin. Après avoir raconté quelques anecdotes de son temps en colocation avec Pierre – on a compris que la consommation hebdomadaire de glucides de deux joueurs de LO était astronomique – Randy a abordé les sujets brûlants entourant la ligue.

Condition actuelle de l’équipe, tenue de la Coupe Grey à Montréal, internationalisation, développement des jeunes joueurs d’ici, sécurité, l’affaire Johnny Manziel, le dossier de l’Atlantique et l’impact de l’arrivée des nouvelles ligues américaines; toutes les questions ont été posées, toutes les réponses ont été données et toute la discussion est résumée ici, point par point.

 

 

LA CONDITION ACTUELLE DE L’ÉQUIPE

« Ce qu’on entend est plus spéculatif que factuel. On ne magasine pas pour trouver un acheteur. Il n’y a pas de pancarte à vendre devant notre maison. Ça n’empêche pas des gens de nous approcher, de nous parler et de nous poser des questions. Andrew, comme tout bon homme d’affaires, les écoute. L’objectif premier de notre propriétaire est de redresser cette organisation et c’est sur quoi nous travaillons en collaboration avec la ligue. On travaille d’arrache-pied pour faire en sorte que les Alouettes seront l’équipe dont vous serez fiers pendant plusieurs années. » – Patrick Boivin, président

« Au cours de l’ère Bob Wetenhall, les Alouettes ont participé à la Coupe Grey huit fois, ils l’ont remportée trois fois et ont vu 11 de leurs joueurs être intronisés au Temple de la renommée. Pierre est un de ces joueurs, d’ailleurs. Tout le monde dans la ligue sait de quoi cette ville est capable, on veut tous revivre la frénésie des belles années. Mais au lieu de la faire rejaillir en travaillant selon un ancien modèle, on en crée un nouveau. » – Randy Ambrosie, commissaire

 

LA TENUE DE LA COUPE GREY À MONTRÉAL

« J’espère que Montréal accueillera la Coupe Grey dans les prochaines années. La présentation que nous ont faite Patrick et l’équipe de direction des Alouettes était spectaculaire. À vrai dire, les trois candidatures qu’on a reçues ont surpassé nos attentes. On a accordé la finale de 2020 à la Saskatchewan parce que le Stade olympique sera en rénovation à partir de ce moment-là. Lorsque les travaux seront terminés, on souhaite fortement pouvoir reconsidérer Montréal. À l’avenir, on dévoilera l’identité des hôtes trois ans en avance afin de permettre aux équipes de bien se préparer pour cet évènement d’envergure. » – Randy Ambrosie, commissaire


 

L’INTERNATIONALISATION DE LA LIGUE

Vous avez été plusieurs à vous questionner sur l’avenir de la ligue et le développement des joueurs canadiens. Selon Randy, l’un ne va pas sans l’autre. Si aucune deuxième division destinée aux joueurs canadiens n’est dans les plans, l’exploration des marchés européen et sud-américain, elle, vise entre autres à offrir à notre relève plus d’occasions de jouer et de se préparer pour le niveau professionnel.

« On développe des moyens pour passer du statut de ligue canadienne discrète à celui de grande ligue internationale. Je crois fermement que si l’on offre au monde l’occasion de découvrir le football canadien, les gens vont tomber amoureux de notre sport parce qu’il est amusant et rapide. Il n’y a pas si longtemps, on était le plus petit de deux pays qui jouaient au football. Aujourd’hui, on est le deuxième plus gros de 40 pays qui jouent au football. C’est le moment de redéfinir notre ligue, de redéfinir notre sport. Les autres pays veulent s’associer à nous ! Notre expérience au Mexique a été remarquable. Les joueurs pleuraient de joie en apprenant qu’ils avaient été sélectionnés pour venir jouer ici. On a généré 87 millions d’impressions dans les médias et, surtout, on a construit un pont entre leur pays et le nôtre. » – Randy Ambrosie, commissaire

« Malheureusement, la popularité du football est en déclin. On est passé de 180 000 joueurs au pays à 100 000 joueurs en une décennie. Les jeunes pratiquent moins de sports, en général. Ils s’exercent plutôt les pouces ! On a demandé aux joueurs actuels, dans le cadre de nos négociations, de nous aider à relever ce défi. Comment peut-on se servir de l’internationalisation de la ligue pour faire croître notre produit local ? L’idée n’est pas seulement d’améliorer le calibre des joueurs internationaux, mais aussi d’offrir de nouvelles avenues à des athlètes d’ici. Il se peut que le ratio change. Pour l’instant, on a partagé notre vision aux joueurs en leur demandant de réfléchir à des pistes de solution pour accommoder les joueurs internationaux. Ce que je sais c’est qu’en créant des alliances à l’international, on génère également des revenus, provenant d’ententes de diffusion par exemple, qui peuvent être utilisés, entre autres, afin de soutenir des programmes de football amateur. » – Randy Ambrosie, commissaire

« Tandis qu’on ne pense pas à organiser de match des étoiles contre des joueurs de la NFL, on pourrait éventuellement mettre en place un affrontement entre l’équipe championne de la Coupe Grey et une équipe d’étoiles européenne. On transposerait les meilleurs joueurs de ce continent dans notre système rapide à trois essais. » – Randy Ambrosie, commissaire

Randy Ambrosie
 

LE DÉVELOPPEMENT DE LA RELÈVE CANADIENNE

« Je suis d’accord qu’il serait bien de voir plus d’entraîneurs canadiens. L’une des raisons pour lesquelles on tente de travailler plus étroitement avec nos universités c’est le développement des entraîneurs. Nos entraîneurs USports ont de l’expérience sur la scène internationale et un réseau élargi. Ils nous aident d’ailleurs beaucoup dans notre stratégie d’internationalisation. » – Randy Ambrosie, commissaire

« On veut que USports regagne notre famille. On aimerait à nouveau rassembler la Coupe Grey et la Coupe Vanier, par exemple. On songe aussi à organiser un Bowl Game en décembre avec un groupe de joueurs étoiles USports qui affronteraient des joueurs universitaires étoiles mexicains. Lorsque l’équipe canadienne U19 a disputé un match contre l’équipe mexicaine, pas moins de 33 000 fans étaient du rendez-vous. » – Randy Ambrosie, commissaire

« On le sait qu’il peut être difficile pour les quarts canadiens de percer dans la ligue. Nos ententes avec les pays européens pourraient leur donner encore plus d’occasions de jouer. Au lieu d’arrêter après leur carrière universitaire, ils pourraient continuer de se développer en Europe, puis arriver plus prêts à jouer chez les pros. » – Randy Ambrosie, commissaire


 

LA SÉCURITÉ

« Je suis persuadé que notre sport devient de plus en plus sécuritaire. Il faut certainement penser à être plus sévère en ce qui a trait aux plaqués dangereux. Donner des contraventions aux gars, c’est la partie que j’aime le moins de mon travail, mais je n’hésite pas à le faire. Je pense, toutefois, qu’il faut parler davantage des histoires positives. Un grand nombre de joueurs vous diront que le football a changé leur vie en mieux. La semaine dernière, je me suis entretenu avec une femme dont le fils souffre de dépression. Elle m’a confié que depuis qu’il a commencé à jouer au football, son fils va mieux. Il a gagné en confiance et il se sent chez lui dans le vestiaire. » – Randy Ambrosie, commissaire

« On a fait beaucoup de progrès depuis le temps où Randy et moi jouions. Maintenant, le temps d’utilisation des épaulettes à l’entraînement est limité. Cependant, les joueurs doivent assumer leur responsabilité en matière de sécurité. Ils doivent se respecter les uns les autres. C’est difficile parce que le football est un sport agressif, mais l’ancienne mentalité qui voulait qu’on joue pour blesser doit changer. » – Pierre Vercheval, ancien Alouette

L’AFFAIRE JOHNNY MANZIEL

« J’ai un mot à dire : déçu. Quand Johnny nous a approchés, on connaissait son passé. On a fait appel à des experts afin de créer pour lui un environnement qui lui permettrait de réussir sur le terrain et dans sa vie de tous les jours. On voulait qu’il prospère dans notre ligue, à long terme. Il y a quelques semaines, on a appris qu’il avait contrevenu à l’une des clauses listées à son contrat. On a consulté des experts, à nouveau, qui nous ont expliqué qu’après avoir posé un premier geste, il y avait de fortes chances qu’il poursuive dans cette direction. » – Randy Ambrosie, commissaire

« Je sais que certains pensent qu’il s’agit d’une conspiration, que l’histoire a été fabriquée de toutes pièces par Johnny lui-même. Pensons-y bien, toutefois. Il n’a pas connu la meilleure des performances la saison dernière, il a violé un règlement en posant un geste qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur sa vie et il se trouverait un emploi rapidement aux É.-U. ? Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une très bonne stratégie… » – Randy Ambrosie, commissaire

LE DOSSIER DE L’ATLANTIQUE

« Le dossier avance ! On en est à déterminer où le Touché Atlantique sera disputé l’an prochain. Quelques villes sont dans la course et on s’attend à obtenir une réponse finale dans quelques semaines. Je serai à Halifax à la fin du mois et je me doute que l’annonce aura lieu quand j’y serai. » – Randy Ambrosie, commissaire


 

L’IMPACT DE LA AAF ET DE XFL SUR LA LCF

« On voit des choses intéressantes, comme la transparence du centre de commandes. On explore différentes pistes afin de pouvoir offrir aux fans un accès similaire à celui que propose la AAF. Lors des matchs de la AAF, on entend un expert commenter ce que les officiels révisent sur leurs écrans. On comprend alors mieux l’enjeu et la réflexion des officiels. Devrait-on offrir cette option strictement aux fans présents au stade ou aux fans qui regardent le match de la maison également ? On y songe. On ne veut pas ralentir le match et les révisions sont généralement utilisées pour les pauses publicitaires. On en est donc à évaluer si l’avancée technologique vaut la peine. » – Randy Ambrosie, commissaire

« Au fil du temps, notre ligue a vu plusieurs de ces ligues naitre et cesser leurs opérations aux États-Unis. Bien qu’on garde un œil sur les défis que ces nouvelles ligues peuvent représenter pour nous, on ne devrait pas changer de fond en comble nos façons de faire sur un coup de tête, sans réflexion approfondie basée sur les faits, ou sous-estimer à quel point la LCF est solide. Cela vient confirmer l’importance de partir à la recherche de talents au-delà de l’Amérique du Nord. D’ailleurs, 18 joueurs européens prendront part au Camp d’évaluation national. » – Randy Ambrosie, commissaire

Rappelons-nous aussi que la AAF se positionne comme une ligue de développement pour la NFL… La LCF ressentira peut-être un peu les répercussions de son arrivée dans les trois prochaines années, mais une fois les contrats de trois ans arrivés à échéance, les joueurs qui n’auront pas été appelés à jouer dans la NFL se chercheront probablement de l’emploi. À la fin de chaque cycle, une vague de joueurs pourrait se retrouver chez nous. Bref, plus de ligues, plus grand bassin de joueurs de haut niveau et plus d’occasions de les évaluer comme la ligue l’a fait avec des gars de l’AFL autrefois. Une nouvelle génération de Billy Parker, Mark Estelle et Jerald Brown, quoi !

Des défis, il y en aura toujours, mais la ligue s’ajuste et évolue de plus en plus rapidement pour pouvoir y faire face. De belles saisons à venir !