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13 décembre 2019

Métro, boulot, dodo : L’importance du repos chez les athlètes pros

Avec le temps froid qui s’est bien installé et les Fêtes qui approchent, il arrive que l’envie d’hiberner vous prenne. C’est normal. Vous n’êtes pas seul à avoir besoin de repos ! Même les corps d’athlètes professionnels, comme ceux de nos joueurs, nécessitent une pause. Et cette pause est tout aussi importante, sinon plus, que les entraînements rigoureux auxquels ils doivent participer tout au long de l’année, croit Vincent Roof-Racine, coordonnateur du conditionnement physique de l’équipe.

« Une fois la saison terminée, je rencontre les joueurs individuellement pour leur parler de récupération. Je leur conseille tous de s’adonner à des activités qu’ils aiment, mais qu’ils ne pratiquent pas religieusement, pendant environ six semaines. Pas de muscu, pas de course pour limiter l’impact. Il faut changer le mal de place pour permettre au corps de reprendre le dessus. »

Pour certains, cette période de repos actif est remplie de balades en motocross (Greg Reid) ou à cheval (Mario Alford). Pour d’autres, de yoga et de beaucoup, beaucoup de sommeil. En plus de devoir cesser la pratique d’activités physiques intenses, les gars sont tâchés de bien dormir. Évidemment, cette dernière consigne est applicable à l’année. On l’a tous vécu une fois ou deux fois (ou tous les jours) : venir au travail fatigué et fixer son écran sans parvenir à se concentrer sur la tâche à accomplir. Imaginez un joueur de football qui dort mal. Une fois, deux fois, trois fois… Il n’arrive plus à se souvenir des jeux, oublie ses tracés, échappe le ballon, ne perçoit pas les tendances de l’équipe adverse, manque de force, perd de la vitesse, se blesse et ainsi de suite. Les conséquences peuvent être irréparables. À l’inverse, un corps qui dort suffisamment fait, chaque nuit, le plein d’hormones qui sont particulièrement utiles aux sportifs, le cortisol, par exemple, ou encore les hormones de croissance permettant aux joueurs de gagner la masse musculaire dont ils ont besoin.

Heureusement, le monde du sport a bien évolué dans les dernières décennies. Il y a quelques années seulement, la discussion tournait beaucoup autour du volume d’entraînement (#nodaysoff), puis autour de la nutrition (#eatclean). Aujourd’hui, le sommeil fait de plus en plus jaser, mais certains vieux de la vieille du monde du football opèrent encore selon l’ancienne mentalité. Ici, à Montréal, l’arrivée en poste de Khari Jones a eu un impact énorme sur la place que prennent les journées de congé ou d’entraînement plus léger dans l’horaire. Après avoir été catapulté au poste d’entraîneur-chef, Khari a pris soin de rencontrer ses experts à l’interne pour s’assurer de structurer l’emploi du temps de ses joueurs de manière à préserver leur corps et limiter le nombre de blessures. Et ça a marché.

« Il y aura toujours des blessures dans le sport, surtout quand il y a un impact ou du contact comme au football, admet Vincent, mais on a remarqué cette année une diminution des blessures graves. Ce qu’on a aussi constaté c’est qu’en accordant plus de pauses aux gars, on leur permettait d’aller au gym et de pratiquer des activités complémentaires importantes plus souvent. Plus de gars venaient faire leurs séances de musculation et, surtout, ils les réalisaient avec plus d’énergie et d’entrain. Ça donne évidemment de meilleurs résultats. »

Les saisons sont longues dans la LCF. Incluant le camp d’entraînement, les gars sont en mode compétition pendant 21 semaines, soit près de la moitié de l’année. Au-delà du stress physique que subissent leurs muscles et articulations, la pression psychologique à laquelle ils sont soumis est énorme. Selon Vincent, les vétérans sont plus habitués à gérer les différents types de fatigue, mais les recrues fraîchement sorties du circuit universitaire ne s’attendent pas à devoir donner autant de repos à leur corps fatigué.

« Il y a énormément de matière à apprendre au cours d’une saison. Les joueurs lisent et relisent leur cahier de jeux, particulièrement les plus jeunes. Il y a aussi le stress qui vient avec l’obligation de ne pas faire d’erreurs. On sous-estime les bienfaits du repos psychologique qui est tout aussi essentiel que le repos physique. Les gars ont besoin d’apprendre à faire un reset de leur système tout entier pour pouvoir repartir du bon pied. »

Ne vous sentez donc pas trop mal d’avoir envie de faire la paresse quand les journées raccourcissent. Dites-vous que vous faites votre propre reset. Toutefois, après leurs six semaines de repos, les gars seront prêts à reprendre progressivement l’entraînement… Et vous ?