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2 avril 2020

Matte : « Il faut être solidaire et garder le moral »

MONTRÉAL – En ce jour 18 de confinement au Québec dû à la situation de la propagation du coronavirus, la créativité, la solidarité et la patience sont de mises.

Après avoir eu des nouvelles du receveur des Alouettes de Montréal Félix Faubert-Lussier lundi dernier, j’en prenais, mardi, du joueur de ligne offensive Kristian Matte. Par téléphone, évidemment.

« De mon bord, c’est sûr que la vie n’est pas normale », a dit Matte. « Mais ça va tout de même assez bien. Je suis chanceux, je suis à la maison durant la saison morte la plupart du temps de toute façon. »

« La seule affaire qui a vraiment changé, honnêtement, ce sont les entraînements. Comme tout le monde le sait, les “gyms” fermés ça n’aide pas notre cause, mais il faut être créatif. Il faut être capable de situer le corps d’une façon différente. »

En effet, comme discuté lundi avec Faubert-Lussier, nous sommes au temps de l’entre-saison où les joueurs de la Ligue canadienne de football (LCF) doivent élever leur entraînement d’un cran afin d’être prêts à casser la baraque au camp d’entraînement – rappelons que la Ligue a toutefois annoncé hier le report des camps.

Nous avons pu voir plusieurs athlètes du circuit Ambrosie sur Twitter publier des vidéos de leurs entraînements tous plus créatifs les uns que les autres.

Matte doit faire la même chose.

« On a tout de même été chanceux puisqu’on a déjà fait la moitié de nos entraînements en salle de musculation, ce n’est donc pas comme si on n’avait rien fait », explique celui qui a signé une nouvelle entente de deux saisons avec les Als, le 24 janvier dernier.

« Mais (l’enjeu) c’est de préserver ce qu’on a fait », a poursuivi Matte. « Ce n’est pas tout le monde qui a accès à des poids et autres choses comme ça, dans leur garage. Ce n’est pas tout le monde qui a un “home gym”. Et du stock comme ça, ça commence à être vraiment dur à trouver. »

« La plupart des gars ont des bandes de résistances. De mon côté, j’en ai des assez grosses, alors ça m’aide, mais… Bon, ce n’est pas facile, on ne va pas se le cacher, mais on est capable d’effectuer d’assez bons entraînements. »

« Mais il faut être capable d’augmenter le volume. Parce que pour des joueurs de ligne, lorsque tu fais des squats au-dessus de 400 livres dans un gymnase, avec une bande résistance, tu ne peux pas. Il faut donc faire des exercices pour travailler nos jambes, à l’aide de bandes de résistances. »

Et le football étant un sport d’équipe, le contact entre les coéquipiers est important, surtout en ce temps de crise sanitaire où tout le monde reste à la maison.

« On a des conversations de groupe sur internet où on se parle », a dit Matte. « Et pas nécessairement pour des affaires d’entraînement, mais aussi côté moral. On se raconte des blagues et tout. »

« C’est sûr qu’avec notre groupe de joueurs de ligne offensive, on a des conversations de groupe sur internet juste entre nous et on aime beaucoup se taquiner là-dessus. C’est toujours amusant. »

« Avec tout ce qui se passe, il faut être capable de rire tout de même. Il ne faut pas se laisser déprimer, non plus. On garde contact. »

Par la bande, Matte me dit qu’il utilise des sacs de sel à glace de 50 livres chacun pour s’entraîner également. Comme il le dit, « c’est un “workout” de style Rocky ».

Le joueur de ligne offensive des Alouettes de Montréal Kristian Matte est très reconnaissant du travail de ses amis qui évoluent dans les services de première ligne (MontrealAlouettes.com).

On le dit souvent, mais en ce moment, avec la perte de la routine habituelle, le temps s’est arrêté, en quelque sorte. Plusieurs personnes qui ont des familles en profitent donc pour passer le plus de temps possible avec elle et faire les petites choses que nous avons moins l’occasion de faire en temps normal avec le train-train quotidien qui prend souvent beaucoup de place.

« Je suis à la maison avec ma femme et mes deux enfants », a dit Matte. « On passe beaucoup de temps ensemble. »

« Au cours de la saison morte, on a beaucoup de temps avec notre famille, mais là, on en a un petit peu plus. On a de jeunes enfants et c’était la fête de ma fille qui vient juste d’avoir 3 ans. C’était juste nous quatre. C’est sûr qu’elle se posait des questions, mais en même temps, elle a eu une super belle journée. Même chose pour mon fils, qui va avoir 5 ans bientôt. »

« C’est juste du temps en famille. On regarde des films ensemble. On fait du bricolage, du dessin… Pour eux autres, ça n’a pas beaucoup changé (ils ne sont pas en âge scolaire), mais ils savent qu’il y a quelque chose qui se passe, mais on s’amuse en famille et on réalise dans des moments comme ça, combien de temps on manque avec elle, avec notre travail et toutes les autres choses de notre journée normale. »

Des héros sur le champ de bataille

L’un des leaders des Oiseaux admire les travailleuses et les travailleurs de première ligne qui aident notre société à garder le cap dans cette lutte contre la COVID-19. En effet, Matte a quelques bons amis qui évoluent dans les corps policiers, chez les pompiers et dans le domaine de la santé.

« J’ai quelques amis qui travaillent dans ces secteurs », a-t-il dit. « C’est difficile. Côté mental, côté physique… Les quarts de travail sont plus longs qu’avant. C’est sûr que je leur envoie toujours des messages de remerciements pour ce qu’ils font puisque c’est très important. »

« On tenait (leur travail) pour acquis il y a de ça à peine quelques mois. »

« (…) on s’amuse en famille et on réalise dans des moments comme ça, combien de temps on manque avec elle, avec notre travail et toutes les autres choses de notre journée normale. »

– Kristian Matte

Et les partisans des Alouettes et de la LCF qui sont en manque de football…

Bien sûr, il a plus important que le sport en ce moment, mais tout de même, les partisans de football canadien sont importants pour les joueurs et Kristian Matte le sait fort bien.

« Il faut être solidaire et garder le moral », a lancé Matte, aux fidèles partisans des Alouettes. « Il faut aussi être prudent et suivre les consignes du gouvernement. »

Et bien sûr, c’est devenu un classique…

« Il faut se laver les mains, éternuer dans notre coude… On ne peut pas le dire assez. Mais il faut absolument suivre ces consignes, puisqu’elles sont là pour nous aider et aider notre société. C’est donc très important. »