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23 avril 2021

Le parcours de William James : de dormir dans des toilettes publiques à être repêché par les Alouettes…

« Je ne voulais pas alerter mes parents pour ne pas les inquiéter »

Le demi défensif natif de la Suède William James a un parcours plutôt inusité. Celui qui a été choisi par les Alouettes au repêchage mondial de la LCF au quatrième tour (31e total) il y a quelques jours a passé beaucoup de temps dans ses valises lors des dernières années. Il voit enfin ses  efforts récompensés.

« Je suis tellement content d’être repêché par les Alouettes, cette organisation a une belle histoire et je suis heureux d’avoir la chance de découvrir Montréal. D’ici là, je m’entraîne fort et je mets toute mon énergie pour le prochain camp. ».

Les débuts d’une belle aventure…

« J’ai commencé à jouer au football à l’âge de 14 ans. En faisant du sport, j’ai réalisé que j’aimais le football et les contacts », lance William au bout du fil. « Quand j’étais rendu à m’inscrire à l’université, j’ai dû envoyer 300 applications tellement je voulais jouer à ce niveau. Les Fighting Hawks m’ont fait une offre que je ne pouvais refuser et j’ai passé quatre années là-bas à North Dakota ».

En deux saisons dans la NCAA, il a participé à 23 rencontres, et a récolté 94 plaqués, un sac, en plus de forcer trois échappés et de rabattre quatre passes. Le Suédois était utilisé comme secondeur et sur les unités spéciales.

Des moments difficiles…

Par contre, les choses n’ont pas toujours été rose en sol américain…Dès son arrivée, le jeune prodige habitait avec trois autres coéquipiers dans un petit appartement avec trois chambres à coucher. Quand le proprio s’est aperçu que trop de monde vivait à cette adresse, William s’est fait expulser de la résidence. Son nom ne figurait pas sur le bail et il était impératif de respecter les limites imposées par le locataire pour réduire les risques d’incendie. Il faut dire aussi que les gars tous ensemble n’étaient pas les résidents les plus calmes non plus, ce qui n’a pas aidé sa cause….

« Pendant une partie de l’année j’ai dormi un peu partout, j’ai passé des nuits dans des ascenseurs chauffés d’immeubles, dans des toilettes publiques et dans des tunnels à l’extérieur qui me gardaient au chaud. Je n’avais pas de sous et je ne voulais pas le dire à mes amis. Quand certains se sont rendu compte de la situation, ils m’ont hébergé à leur maison. Les gars se sont passé le mot et j’alternais de semaine en semaine. J’en dois une à Romon Bridges, sans le dire ouvertement, c’est lui qui a mis la puce à l’oreille à mes coéquipiers et ils ont tous accepté de m’aider.. »

Lors de ces moment plus difficiles, William arrivaient dès l’ouverture à 6h le matin au gymnase de son université pour prendre une douche et faire sa toilette. Personne ne savait qu’il y faisait que se laver. Vers 7h, il attendait ses amis qui avaient une carte repas illimitée pour pouvoir manger. « Quand je n’avais pas le choix, je m’achetais du thon en boîte mais la plupart du temps, je prenais la carte repas de mes amis. Quand j’y pense, ce fût une année assez difficile. Je ne voulais pas alerter mes parents pour ne pas les inquiéter et à ma deuxième année, les choses sont rentrées dans l’ordre. »

Redonner aux suivants

En attendant la prochaine saison de football, William James travaille avec sa mère qui est professeure dans une école pour les enfants avec des besoins particuliers. Il apprend à communiquer avec eux et aide les jeunes de sept à treize ans à développer de la confiance en soi. Il voit des enfants autistes ayant des troubles de personnalité et il adore regarder leur sourire. « On réalise très vite qu’ils apprécient notre présence. Les voir être heureux fait ma journée en toute honnêteté. Ces jeunes sont des héros pour moi. Ils ne reculent devant rien et mordent dans la vie. »

Avant son passage à l’université (2015-2018), le secondeur a passé du temps en Allemagne où il a joué trois campagnes avec les Monarchs de Dresde.

Un amour pour les chevaux

Par la suite, il a passé un an en Australie en 2019 pour jouer au rugby en même temps qu’au football pour son université. C’est au Nord de la ville de Melbourne qu’il s’est trouvé un travail avec les chevaux. « Rapidement, on m’a appris comment m’occuper de ces belles bêtes. Je les lavais, je les caressais, je nettoyais leur environnement et je suis tombé en amour avec elles. Après peu de temps, les chevaux me reconnaissaient et appréciais ma présence. » L’athlète de 29 ans raconte comment ces animaux réagissent différemment aux autres. « Certains demandaient de l’affection alors que d’autres étaient totalement indifférents », lance-t-il en éclatant de rire.