4 juin 2021

Le long parcours d’Ethan Makonzo est un bel exemple de détermination

Le 2 juin dernier, le secondeur Ethan Makonzo a paraphé une entente avec les Alouettes, près d’un mois après avoir été repêché par l’équipe. Au bout du fil, le colosse, produit des Carabins de l’Université de Montréal, est fier. Il parle avec émotion comme un petit garçon qui réalise son rêve de toujours. «Je suis natif de Montréal et j’aurai la chance de porter le chandail de ma ville. Ce n’est pas croyable. Je sens tellement d’excitation avec tous ces gars locaux au sein de l’équipe, c’est encore plus spécial. Je veux servir d’exemple pour la communauté noire, congolaise. Je veux que nos partisans soient fiers de moi et de l’équipe et nous voyant jouer».

D’origine congolaise, Ethan a trimé dur pour se rendre là où il est.

À sa première saison comme recrue en 2013 avec les Spartiates du Cégep du Vieux-Montréal il apprend le livre de jeux et joue sur les unités spéciales. À ses deux années suivantes en 2014 et en 2015, le footballeur n’a pas eu la chance de fouler le terrain. Ses notes scolaires n’étaient pas assez fortes et ses professeurs voulaient qu’il s’améliore sur les bancs de l’école avant de lui donner le feu vert. Pour rester impliqué dans le sport qu’il aime tant, il a été entraîneur en 2015 avec son ancienne école secondaire, à Dalbé-Viau, après un an à avoir évolué avec le Génie de l’ETS où le calibre de jeu est moindre que celui au cégep.

C’est en 2016 qu’il remonte sa moyenne scolaire et que l’école lui permet d’endosser le gilet des Spartiates à nouveau.  Il connaitra du succès, assez pour recevoir des offres d’équipes universitaires. Après mûre réflexion, il choisit les Carabins et rejoint son ancien entraîneur du secondaire Fabrice Raymond, membre du personnel de l’Université de Montréal. Sa saison recrue est une période d’apprentissage sur les unités spéciales et il se familiarise avec la position de maraudeur.

À la campagne suivante, il se déchire le muscle pectoral dès la première pratique. Il sera sur la touche pour huit longues semaines. Il opte de rester au sein de l’équipe et d’être actif en s’entraînant légèrement et en suivant un long programme de physiothérapie.

«Ma motivation en gymnase était de me voir sur un terrain. En physio, je suivais mon programme à la lettre pour revenir vite», lance Makonzo. Il est de retour sur le terrain vers la fin de l’année mais il ne se sent pas à l’aise et il a perdu de son assurance.

Il consulte des membres de l’équipe médical et on constate que sa blessure n’est pas guérie et que son cartilage est très abimé. Le verdict sera sans lendemain, on lui confirme une réhabilitation qui durera six mois. «J’était super déçu mais en même temps, j’étais soulagé car c’est ce qui expliquait mon hésitation sur le terrain.»

En regardant les matchs de la NFL, il s’inspire du jeu des Troy Polamalu et Brian Dawkins. Il les scrute à la loupe pour garder son « focus » au football.

Le natif de Lachine revient en 2019 et reprend sa place comme partant à la deuxième semaine. Il sera élu sur l’équipe d’étoiles du RSEQ. Les doutes sont dissipés, Ethan Makonzo est de retour…

Avec du recul, Ethan est fier de sa route même si le pavé n’était pas toujours parsemé de fleurs… «L’école n’a jamais été facile pour moi, mais je n’ai jamais abandonné et j’ai étudié en intervention auprès des jeunes à l’université, je suis fier de mon parcours. J’ai buché pour pouvoir jouer au football.»

Travaillant comme surveillant à son ancienne école secondaire Dalbé-Viau, le petit gars de Lachine est un bel exemple pour les jeunes qui le regardent. Il est un athlète fier de ses origines tout comme les étudiants qu’il côtoie. Le slogan de ces écoliers est : « Les gars de Dalbé-Viau nous sommes partout ». Ethan n’oublie pas d’où il vient… Il redonne à son alma mater, et si certains éprouvent de la difficulté dans un domaine de leur vie, le joueur des Alouettes pourra leur raconter son histoire et les inspirer et les faisant rêver à leur tour…