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6 février 2020

L’équipe des entraîneurs des Alouettes : une affaire de famille

La chimie. C’est un mot qu’on entend sans cesse au football. Le plus souvent, on l’utilise pour parler du lien qui unit les joueurs d’un même vestiaire, mais on oublie que le concept est tout aussi important pour un corps entraîneur.

Lorsque Khari Jones a sélectionné ses collègues plus tôt cet hiver, ses intentions étaient claires. Il souhaitait s’entourer d’entraîneurs remarquables, évidemment, mais aussi préserver l’atmosphère positive qui a permis à l’édition 2019 de nos Alouettes de retrouver la voie de la réussite. La semaine dernière, tous les membres du groupe se sont réunis pour la première fois et, déjà, on sentait que le courant passait. Des onze entraîneurs, huit ont contribué au succès de l’an dernier, deux regagnent une ville qui occupe une place toute spéciale dans leur cœur et le dernier retrouve l’homme qui lui a enseigné les ficelles du métier. Une véritable affaire de famille.

« L’atmosphère était très familiale l’an dernier et ce sera pareil cette année avec Barron (Miles), Marcel (Bellefeuille) et Michael (Lionello), affirme Khari Jones qui connait personnellement chacun de ses nouveaux acolytes. Barron est incroyablement passionné. On a toujours été sur la même longueur d’onde lui et moi. Marcel, quant à lui, m’a confié mon premier rôle d’entraîneur et j’ai moi-même embauché Mike lorsque j’étais en C.-B. »

Vraisemblablement, ils arrivent tous avec un savoir et des compétences uniques qui profiteront certainement au noyau déjà solide de l’an dernier.

Le membre du Temple de la renommée Barron Miles de retour là où tout a commencé

Barron Miles, qui a joué sept ans à Montréal, a fait partie de l’équipe d’étoiles de la LCF à cinq reprises et a terminé sa carrière avec un total de 66 interceptions pour enfin être intronisé au Temple de la renommée. Une grosse pointure, disons. À l’époque où il défendait les couleurs de nos oiseaux, il a su gagner le cœur des partisans en s’engageant activement auprès de la communauté. Parions qu’il n’a pas plus de difficulté à gagner le respect de ses joueurs partout où il met les pieds. À titre d’entraîneur des demis défensifs et de coordonnateur contre le jeu aérien, Barron sera un sérieux atout pour le coordonnateur défensif Bob Slowik. Ensemble, ils devront trouver des solutions aux problèmes qui ont sérieusement affecté notre unité défensive en 2019. Des problèmes que Barron a sans doute cernés le 10 novembre dernier lorsque son ancienne équipe, les Eskimos d’Edmonton, a accumulé 421 verges par la passe et vaincu nos Alouettes en demi-finale de l’Est.

En 2013, Barron et Khari ont remporté une Coupe Grey ensemble alors qu’ils faisaient partie du personnel entraîneur des Roughriders de la Saskatchewan. Mais leur amitié remonte à 2005. Cette année-là, leurs familles ont eu un coup de foudre l’une pour l’autre et les deux hommes se sont promis que dès que l’un en aurait l’occasion il embaucherait l’autre. Visiblement, Khari tient ses promesses.

Fait cocasse : les amis ont aussi nourri leur esprit compétitif au fil des ans. Ils se lancent régulièrement des défis, dont des battles de rap, et s’envoient régulièrement des enregistrements de leurs meilleures rimes. On ne les a pas encore entendus, mais on vous promet de travailler fort pour récupérer un échantillon.

« Je suis profondément attaché à Montréal. Deux de mes enfants sont nés ici et sont bilingues, rappelle l’ancien joueur étoile qui compte aujourd’hui plus d’une dizaine d’années d’expérience comme entraîneur à son actif. Khari et moi nous connaissons depuis longtemps. Danny (Maciocia) et moi aussi. Il entraînait ici à l’époque où je jouais. Sa femme nous préparait souvent des mets italiens qu’on allait dévorer chez lui. »

S’il garde de bons souvenirs de son temps à Montréal, il en est de même pour ses coéquipiers. L’entraîneur-chef adjoint et entraîneur des demis offensifs, André Bolduc, fait partie de ceux qui ont eu la chance de partager un vestiaire avec lui.

« J’ai affronté Barron pendant quatre ans, à l’entrainement. On se taquinait beaucoup, se souvient André. C’est une super acquisition pour nous. Un bon père de famille, un bon gars, les joueurs vont l’adorer. Il est apprécié au sein de la ligue et ses connaissances vont nous être très utiles, surtout en ce qui a trait aux couvertures. C’est un gros plus pour nous. Les gars vont l’écouter. »

Marcel Bellefeuille, touche-à-tout d’exception

Même s’il ne possède pas le passé de joueur de Barron Miles, Marcel Bellefeuille peut affirmer avec assurance qu’il est l’un des rares entraîneurs à connaître toutes les positions de l’attaque comme le fond de sa poche. Au cours de sa carrière de plus de 15 ans chez les pros, Marcel a occupé une grande variété de postes allant d’entraîneur de la ligne offensive à entraîneur des demis offensifs et des receveurs, à coordonnateur offensif et entraîneur-chef. À Montréal, où il est resté de 2006 à 2007, autant qu’ailleurs au pays, il a vu neiger. Mais, il a toujours eu un faible pour la LO, dit-il.

« Tout part du front, peu importe de quel côté de la ligne de mêlée tu te trouves. »

En quatre saisons passées à travailler étroitement avec la LO en Saskatchewan, il a vu son groupe atteindre le premier rang de la ligue pour les verges au sol à trois reprises. Andrew Greene et Gene Makowsky des Riders ont également été nommés joueurs de ligne à l’attaque de l’année alors qu’ils étaient sous la gouverne de Marcel. En collaborant avec son adjoint érudit, Luc Brodeur-Jourdain, Marcel devrait accomplir de belles choses. D’ailleurs, la paire a déjà commencé à préparer la saison sachant que les services de la majorité des joueurs clés du front ont été retenus pour 2020.

« J’ai une longueur d’avance grâce à LBJ, affirme Marcel. Il me fournit beaucoup d’information sur les joueurs. Il a joué à leurs côtés et, ça, ça aide beaucoup. »

Bien sûr, notre nouveau gourou de l’attaque entretient lui aussi un lien étroit avec notre entraîneur-chef. On le répète, c’est une affaire de famille.

« C’est avec Marcel que j’ai démarré ma carrière d’entraîneur, rappelle Khari. Il était entraîneur-chef à Hamilton quand j’ai commencé en 2009. On a travaillé ensemble pendant trois ans au cours desquels on a connu de belles réussites et réellement appris à se connaître. Puis, j’ai eu l’occasion de l’embaucher comme entraîneur des receveurs en C.-B. lorsque j’y occupais le poste de coordonnateur offensif. Il habitait dans notre sous-sol, d’ailleurs ! »

Même si Marcel était à l’origine le patron de Khari, il n’est pas du tout préoccupé par la situation inverse. D’ailleurs, son avis d’expert sera certainement bien accueilli par notre entraîneur-chef dont l’assiette est plus que pleine.

« Ce qui est génial de travailler avec Khari c’est qu’il cultive un véritable esprit de collaboration. Je crois fermement en sa vision et en ses méthodes. »

André Bolduc à la rescousse

Tandis que les connaissances approfondies de Marcel apporteront beaucoup au groupe, le soutien continu d’André Bolduc allègera le fardeau de Khari Jones. André, qui a été nommé entraîneur-chef adjoint en décembre dernier, continuera de diriger les porteurs de ballon en plus d’épauler Khari dans ses tâches quotidiennes. Sachant que son supérieur souhaitait conserver le titre de coordonnateur à l’attaque, André fut soulagé de savoir qu’il deviendrait officiellement son bras droit.

« J’étais conscient que le seul moyen pour moi d’évoluer, ici, à Montréal, c’était de devenir entraîneur-chef adjoint. Comme Khari prône la collaboration et la liberté, j’ai pu lui montrer mon engagement indéfectible à plusieurs reprises l’an dernier. Je travaillais avec lui sur les horaires, je l’ai accompagné sur les lignes de côté, je partageais mon point de vue lors des réunions… Ce sont toutes des choses que je ferai à nouveau cette année comme adjoint. On se complète bien, Khari et moi. La continuité nous fera du bien. »

L’ascension montréalaise

Malgré l’ajout de nouveaux membres à l’équipe, Khari a réussi à conserver une certaine stabilité au sein de son personnel. Il a recruté trois de ses fidèles collaborateurs en Barron Miles, Marcel Bellefeuille et Micheal Lionello (Adjoint offensif embauché pour la première dans la LCF en 2016 par notre entraîneur-chef lui-même), mais a aussi pris soin de ramener sept des dix hommes qui ont contribué au redressement de l’équipe l’an dernier. Selon André Bolduc, cette constance permet d’éviter un retour à la case départ et, surtout, aide Montréal à redevenir une destination attrayante pour les joueurs.

« On était fâché à la fin de la saison dernière. On n’était pas rassasié, on ne voulait pas que ça finisse, alors c’est sûr qu’on reviendra plus motivé que jamais. On s’est échangé des textos pendant le temps des Fêtes en se disant qu’on avait hâte que ça recommence. Je suis certain que les joueurs se parlent entre eux et que l’engouement actuel pour l’équipe nous aidera à bâtir un alignement de grande qualité. »

Maintenant que les entraîneurs sont prêts à reprendre le travail, la balle est dans le camp de notre directeur général Danny Maciocia qui devra s’assurer de recruter les meilleurs joueurs pour notre système. Jusqu’ici, tout va bien et plusieurs autres annonces restent certainement à venir.

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